La Jeune Chèvre et la Vieille Bique

Si les caprins sont aptes à faire de bons fromages,
Soyez certain qu’ils le peuvent à tout âge :
Ceux d’une jeune chèvre et d’une vieille bique
M’ont valu, pour le coup, bien plus d’une brique.

En quête de matières premières pour satisfaire leurs besoins
Eurent l’idée de me les quémander chacune dans leur coin.
L’ivresse par nature se moque du flacon,
Est-ce assez pour être de leur farce le dindon ?

S’enquirent l’une et l’autre d’officiers ministériels
Pour obtenir maints dédommagements matériels.
Si la jeune a usé de prétextes faciles,
La vieille a dû être encore plus subtile.

Pour l’une aux Prud’hommes, pour l’autre en Grande Instance
Se rapprochèrent dans l’idée d’une bonne sentence.
Les procédures furent longues, douloureuses et chères
Mais tout leur laissait à y croire « dur comme fer » !

Les juges amateurs, de justice font peu cas,
Heureusement pas de la part des Magistrats.

Si la jeune chèvre s’est contentée de fausses histoires,
La vieille bique, de faux voulut berner l’auditoire,
Aidée même dans sa tâche d’un expert judiciaire
Lui-même rompu aux pratiques suicidaires.

Au dénouement de ces années de plaidoiries
Leurs gains escomptés à presque rien furent réduits.
Quelle idiotie de laisser faire tant de dommage,
On devrait limiter ces bestiaux aux fromages !

Garder beau pays par nos ancêtres bâti
Oblige vigilance de nos « sages » avertis.

A laisser ces deux belles de tout prétexte user
Dans le seul but de quelques deniers amasser,
C’est ouvrir la voie aux pires malentendus
Et briser des repères que nous ne trouverons plus.

Fasse internet leur arriver ça aux oreilles,
Même si je crains que leur conscience ne s’en éveille.

A ces hommes de loi qui se disent « Avocat »,
Qu’ils réfléchissent avant de choisir leurs combats,
Qu’ils pensent aux effets de leurs joutes faciles
Qui vont jusqu’à mettre la santé en péril.

Non, la faim ne justifie pas tous les travaux,
Mieux vaut chercher les causes où finir en héros.
Un procès pour un rien, c’est un procès pour tout
Et si l’on n’y prend garde, on va devenir fou.

©  Pierre Couchard

Un poème inspiré de deux « vrais » procès initiés par deux sujets peu scrupuleux, fort heureusement gagnés mais qui demandèrent beaucoup de temps et d’énergie qui eurent été bien plus utiles ailleurs

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