Madame la Marquise
Qu’il est bon d’être riche
En parfaite santé
De misère on se fiche
Tant que l’on peut aimer
Quelle ne fut pas ma joie
D’un soir vous retrouver
Parmi quelques bourgeois
Dans vos salons feutrés
Pour nous qui fûmes ici
Dans ce palais d’ors fins
Bien douce fut la vie
Jusqu’au petit matin
Des courtisans en liesse
Pour cette circonstance
Épris d’une joliesse
Pour un soir de romance
Aux plaisirs du château
Peu de place au hasard
En suite de bons mots
Suffit-il un regard
Chacun et sa chacune
L’un de l’autre en approche
Ne craignant sous la lune
Un quelconque reproche
Après quelques agapes
De nectars arrosées
Ce beau monde s’échappe
En quelques lieux privés
Les glousseries coquines
Laissent place au silence
Que leurs ébats terminent
En cris de jouissance
Pourquoi moi ce soir-là
Élu de votre cœur
Dans la soie de vos draps
J’ai nagé de bonheur
Autant exceptionnel
Que même insoupçonné
C’est dans vos bras ma belle
Que j’ai tout oublié
Vos rondeurs admirables
Parfaitement galbées
De femme de notable
Hélas trop délaissée
C’est en fermant les yeux
Que je les vois encore
Un vrai caprice des Dieux
A faire perdre le nord
Heureux d’avoir été
Cet amant d’une fleur
Par belle nuit d’été
Inondée de douceur
Combien ce fut plaisant
Madame la Marquise
De jouir un moment
De vos faveurs exquises
© Pierre Couchard
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