Tant bien que mal
Du fond de mon lit d’hôpital
Je vis ma vie tant bien que mal
Passent les heures dans cette chambre
Triste comme un mois de novembre
Dans l’attente de jours meilleurs
Impatient comme l’orpailleur
Je regarde le temps passer
Qui se moque de ma santé
Le matelas du lit austère
Aux doux ébats n’incite guère
Le bouton pour appel d’urgence
A certe ici plus d’importance *
J’aimerais tant être dehors
Pour conjurer le mauvais sort
Chasser de moi la maladie
Pour renouer avec la vie
Ce n’est point de gaité de coeur
Qu’envoyé à toute vapeur
Il m’a fallu venir ici
Quand dans la ville tout était gris
De l’accueil peu de souvenirs
J’en entendais certains gémir
Ce fut très vite l’opération
Sans qu’on me pose trop de questions
Accompagné de pansements
Je remercie tous les soignants
Qui ont été à mon chevet
Pour qu’en danger ne sois jamais
Encore un peu de perfusion
Avant d’avoir la permission
De m’en aller le nez au vent
Sans que les pieds ne soient devant
Derrière moi sont les souffrances
Maintenant la convalescence
Retrouver mon autonomie
Ainsi que le goût de la vie
Pour qui se retrouve à genou
Même si cela a un coût
Pour lui cela n’a pas de prix
Une fois qu’il en sort guéri
Chaque année ce sont des millions
De soins reçus à discrétion
À l’hôpital de la nation
Jeunes ou vieux petits ou grands
Savent être reconnaissants
Du dévouement de ses soignants
© Pierre Couchard
* certe sans « s » est une ancienne exception en poésie
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